The Hidden Hand – Mother * Teacher * Destroyer

Quand on évoque le nom de Robert Scott Weinrich, connu sous le sobriquet de Wino, on pense tout d’abord au frontman et guitariste transporté de Saint Vitus et The Obsessed. Deux groupes dont il est inutile d’aborder l’évident apport au stoner, au doom et au metal actuel, bien que leur héritage se manifeste parfois aujourd’hui par des hordes de barbus en chemises de bûcheron achetant des Orange à lampes fabriqués en Chine. Ceci étant dit, on ne peut qu’évoquer la carrière tentaculaire de ce cher Wino, et le nombre de side-projects brillants auxquels il a participé.

The Hidden Hand est un projet démarré en 2002 et qui prendra malheureusement fin en 2007, après trois albums studio. On est habitué en écoutant les productions de Wino à ce son qui décolle le palais, aux sauts de puce musicaux entre heavy 70’s et stoner plus actuel, aux textes teintés d’une poésie toute poisseuse et à une forme musicale toujours à la croisée de différents genres, The Hidden Hand apporte une épaisseur supplémentaire au maillage musical de Weinrich.

Projet étonnamment politisé selon les dires de son frontman, contrairement à toutes ses autres productions, The Hidden Hand semble être l’aboutissement d’une vision musicale distillée depuis Saint Vitus. Bien que tirant évidemment son ADN du doom le plus roots et efficace, l’album affiche fièrement une filiation directe aux bons vieux dinosaures de l’occult rock. Cet album, c’est le côté high energy d’un Judas Priest écrasé par un 36 tonnes.

llustration : Joe MacGarry

« Love. Fear. And Devotion. »

Le jeu de guitare de Wino n’a jamais été aussi expressif et heavy, et affiche un phrasé encore plus mélodique que sur un projet comme Spirit Caravan. Moins dentelée que ce dernier, la musicalité de The Hidden Hand est une errance sombre, ponctuée d’éclaircies, qui nous amène très directement vers des terrains plus psychédéliques, influence que Wino a toujours revendiquée.

L’album est une pente épaisse sur laquelle on glisse naturellement pendant près d’une heure. Imaginez-vous en pleine descente d’acides et coincé dans un refuge de haute montagne avec Bobby Beausoleil, et vous aurez une idée de l’ambiance de titres tels que Draco Vibration ou Currents. Cet album permet à Wino d’explorer une nouvelle facette de ses riches influences, en mettant en place tout le long des douze pistes qui composent l’album une construction musicale qui fait de l’oeil aux meilleures formations psychédéliques de l’époque, le tout compressé au maximum par une approche on ne peut plus sombre, comprimée et mélodique.

Mother * Teacher * Destroyer réussit le tour de force d’être à la fois une production terriblement oppressante et extrêmement lumineuse, mystique,
exaltée; inclassable et poussant toujours plus loin l’expérimentation, sans pour autant perdre son ADN. Prenez The Electric Prunes, saupoudrez d’un pincée de Witchfinder General et écrasez le tout sous les roues de la moto de la pochette de Time Travelling Blues d’Orange Goblin, et vous obtiendrez The Hidden Hand. En somme, une fleur flétrie dans la couronne pétante du psychédélisme.

Wino Live at Roadburn 2009

The Hidden Hand
Mother * Teacher * Destroyer
2004 – Southern Lords Records

The Crossing
Half Mast
Desensitized
Draco Vibration
Black Ribbon
Marginalized
Magdalene
Currents
Travesty As Usual
Coffin Lily
Sons Of Kings
The Deprogramming Of Tom Delay

Panzerina

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