Interview: The Young Gods

Quel honneur pour notre tout jeune média qui vient à peine de se lancer d’avoir l’opportunité d’interviewer un groupe tel que les Young Gods. The Young Gods… ceux que Bowie a cité comme influence majeure dans les années 90, sa période la plus intéressante selon moi. Les Young Gods… cet obscur groupe suisse qui parle aussi bien à The Edge qu’aux mecs de Sepultura. Un groupe dont les fan-boys les plus connus ne sont autres que Mike Patton, Trent Reznor, Maynard James Keenan ou Devin Townsend. Une bien jolie brochette que voici, aussi éclectique que cohérente et constituée de figures toutes plus inclassables les unes que les autres, à l’image des Gods d’ailleurs.

Au-delà des influences et de la réputation, The Young Gods c’est aussi et surtout un groupe qui me tient particulièrement à cœur. Un groupe qui, d’une certaine manière, a bouleversé mon éducation musicale et mon rapport à la musique. Après avoir passé des années à explorer les tréfonds de l’underground 80’s, voilà que je tombe sur ce groupe qui, d’un coup, me fait comprendre qu’on peut envisager la musique d’une manière plus apaisée, plus organique aussi. Tout en gardant un vrai lien avec le collage et la machine, The Young Gods est l’un des rares groupes issus de l’underground qui soit dans une forme de transcendance et non dans une « simple » purgation de passions tristes.

Le 10 avril dernier, à l’occasion de l’escale lyonnaise du Data Mirage Tangram Tour au Ninkasi Kao, c’est donc pleine d’enthousiasme que je suis allée à la rencontre de Franz Treichler et de Cesare Pizzi (nous fûmes rejoints à la fin de l’entretien par Bernard Trontin, le batteur du groupe). Je ne le cache pas, cette excitation était contrebalancée par une petite pointe d’appréhension : ce n’est quand même pas tous les jours qu’on a l’occasion d’interviewer l’un de ses groupes préférés ! Cette appréhension s’est toutefois vite estompée devant la gentillesse et l’humilité des musiciens qui se trouvaient en face de moi. Particulièrement ouverts à la discussion, j’ai pu aborder avec eux certains points de leur carrière qui me semblent centraux  : de leur statut d’outsider dans la scène industrielle à la politique culturelle suisse, de la musique brésilienne à la cause indigène, la discussion fut spécialement riche et instructive.

BG : The Young Gods a toujours été un groupe très à part dans l’histoire de la musique contemporaine. Pourtant on vous colle depuis longtemps une étiquette « indus ». Personnellement, j’ai toujours été frappée par cet espèce de recul, de distance, de maturité même que vous aviez par rapport aux poncifs de la scène indus de l’époque. Par exemple, vous n’avez jamais refusé le rock, vous n’avez jamais tué le père en quelque sorte…

Cesare : Ni le grand-père !

BG : Oui, il y a une espèce de continuité dans la musique des Young Gods, il n’y a pas de rupture radicale ni de tabula rasa violente. C’est encore une fois une différence par rapport à une grande majorité des groupes indus de l’époque chez qui on pouvait trouver des discours parfois très radicaux sur la musique et sur ce que devait être la musique. Au-delà de ça, vous n’avez jamais non plus adopté de posture dark ou provoc’… Au contraire, la musique des Young Gods a toujours été beaucoup plus euphorisante que sombre. C’est encore une différence avec la scène indus de l’époque et, plus largement, avec les productions underground des années 80.

À l’époque, aviez-vous conscience du ce statut très particulier ? Un statut presque d’outsiders…

Franz : Un peu oui. Je suis content que tu parles de ça parce qu’il y a toujours eu des gens qui trouvaient la musique des Young Gods sombre, dark. Ça dépend aussi de la culture de chacun, mais c’est vrai que ce n’est pas ce que nous cherchons. Ce que l’on recherche c’est plutôt une profondeur, mais ça ne veut pas dire que c’est sombre. Alors, effectivement, on a tous en nous des trucs profonds que parfois on ne veut pas voir, mais nous sommes plutôt dans une recherche de lumière. Ce tag « indus » nous est un peu tombé dessus parce qu’on est continentaux…

Cesare : Et on était pile-poil dans la période.

Franz : Et puis c’était une époque où certains jeunes critiques de la presse anglaise avaient envie de voir ce qui se passait ailleurs, au-delà du monde anglo-saxon. Si tu regardes, tous les pays avaient ses représentants : l’Allemagne avait Einstürzende Neubauten, la Belgique avait Front 242, la Yougoslavie avait Laibach… et la Suisse avait les Young Gods ! Après, il y a eu la réponse américaine qui a prit ce qu’elle voulait là-dedans et qui l’a arrangé à sa sauce. Par exemple Al Jourgensen de Ministry adorait seulement un côté des Young Gods, il me disait : « “Envoyé” ça c’est mon truc ! Mais par contre, quand vous faites vos trucs classiques là, pouah, ça me fait chier ! »

(rires)

BG : Ça ne m’étonne pas trop du personnage !

Franz : Et en même temps c’était rigolo et sympathique ! De toute façon, chacun prend ce qu’il veut et si ça peut inspirer des gens, tant mieux. Mais, effectivement, nous n’avons jamais renié nos origines. À la base, c’est justement cet amour du rock qui nous a poussé à faire de la musique. Donc oui, on s’inscrit beaucoup plus dans une continuité évolutive de la musique plutôt que dans une niche bien précise.

Cesare : Personnellement, dans ces années-là, bien sûr que j’aimais Front 242… c’était vraiment puissant il faut dire! Mais au-delà de ça, je n’avais pas de culture indus. Mes idoles n’étaient pas dans ce style de musique. Moi j’aimais Kraftwerk, les expériences électroniques allemandes, le krautrock. Je ne me voyais absolument pas dans un rôle de musicien indus.

BG : À la rigueur, si on doit vous comparer à certains groupes de cette scène, je vous vois plus proche d’un Cabaret Voltaire ou d’un Foetus [J.G. Thirlwell] qui, je trouve, a apporté un certain décalage et surtout beaucoup de fun dans cette scène qui était terriblement austère.

Franz : À l’époque, c’est vrai que Foetus a été une bonne claque ! En plus, c’était plus ou moins la période où on débutait, alors c’est un peu un grand frère. Chez Foetus, il y avait aussi cet art du collage. Il le faisait autrement qu’avec des samplers et il mélangeait déjà du rock, du blues, de l’orchestre classique, du rockabilly… il fait partie des gens qui nous ont effectivement influencé.

Cesare : J’étais fasciné quand Franz était capable de mélanger Liszt et Tchaïkovski sur « Did you miss me ? ». Le fait de pouvoir caler tout ça harmoniquement et rythmiquement, je trouvais ça magnifique ! (rires)

BG : Je crois qu’un certain Mike Patton a aussi trouvé ça magnifique et très impressionnant !

(rires)

À l’occasion de l’édition 2005 du Festival de Montreux, Mike Patton a rejoint les Young Gods sur scène pour interpréter « Did You Miss Me » et « September Song ». Tout ce beau monde était accompagné par l’orchestre Sinfonietta de Lausanne. 

BG : Franz, en 2014 tu as gagné le premier prix suisse de musique. Pour un groupe comme les Young Gods qui, à la base, vient de l’underground et qui était habitué aux squats et aux concerts sauvages, cette récompense est hautement symbolique. Il me semble que cette reconnaissance étatique en dit long sur la Suisse, sur ses institutions et, globalement, sur l’exception culturelle Suisse.

Comment avez-vous reçu cette reconnaissance et, selon-vous, que dit-elle de la politique culturelle (musicale en l’occurrence) suisse ?

Franz : Cela montre qu’elle n’est pas uniquement basée sur le rentable. C’est quelque chose que j’ai trouvé très fort et ça m’a beaucoup touché car il existait évidemment des prix pour d’autres formes d’arts, par contre, il n’y avait jamais rien pour la musique amplifiée ou contemporaine. Le fait que l’Office Fédéral de la Culture décide de remettre ce prix à ces musiques-là témoigne du chemin accompli pour nous qui, dans les années 80, revendiquions des lieux pour cette culture : l’Usine à Genève, le Fri-Son à Fribourg (Franz a justement fait partie de l’équipe qui a monté le Fri-Son. Il y a également travaillé en tant qu’ingénieur du son). Trente ans plus tard, on remarque que les mentalités ont évolué et ça fait très plaisir, ça fait chaud au cœur. Donc oui, le fait que les musiques dites « extrêmes » soient reconnues, c’est un sacré pas en avant. Cela fait environ cinq ans que ce prix existe et tous les lauréats attestent de la grande diversité musicale suisse. Encore une fois, ce prox n’est pas basé sur le rendement ou sur l’audimat, mais plutôt sur une carrière, ou alors c’est pour donner un coup de pouce à quelqu’un qui commence. Il y a une quinzaine de lauréats qui reçoivent une certaine somme d’argent et il y a le grand prix, qui lui reçoit quatre fois plus. Donc oui, l’idée de faire partie de cette famille et d’être reconnu, c’est évidemment gratifiant.

Cesare : Pour imager les propos de Franz, je me souviens qu’il y a trente ans, quand nous faisions nos premiers concerts, il devait y avoir à tout casser vingt personnes. Au bout du premier morceau, il ne restait plus que nos copains et nos copines, car tout le monde était parti ! Trente ans plus tard, tout d’un coup, ça devient une musique abordable… alors que c’est la même musique ! Donc oui, cela a évolué, le public a évolué en écoutant de la musique diversifiée.

BG : J‘avais une question pour Bernard (Bernard Trontin, le batteur du groupe), mais je suis sûre que vous allez pouvoir me répondre. Je crois savoir qu’il est français… ?

Cesare : Oui, il est plus ou moins du coin d’ailleurs

Franz : De Bourg-En-Bresse.

BG : En tant que musicien français, je voulais lui demander son ressenti par rapport à cette différence Suisse/France. En gros, est-ce qu’il a perçu la Suisse comme un Eldorado pour musicien ?

Franz : Difficile à dire parce que, finalement, il est arrivé très jeune en Suisse.

Cesare : Il est français mais suisse de cœur. Il a vécu toute sa jeunesse et même sa petite enfance en Suisse.

Franz : Mais il se sent quand même très français. Il n’a d’ailleurs pas de passeport Suisse.

Cesare : Oui, moi-même je suis italien mais j’ai aussi passé ma petite enfance en Suisse. Je me sens très italien, mais suisse !

Franz : Bernard a même plus l’accent genevois que nous !

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BG : Pour continuer un peu sur cette question, lorsque j’ai préparé cette interview j’ai beaucoup pensé à Kat Onom. Franz, Rodolphe Burger t’a d’ailleurs invité sur scène pour reprendre Aucun Express de Bashung. Il y a beaucoup de points communs entre vos deux groupes : vous êtes passé chez PIAS, comme Franz, il a collaboré avec Erik Truffaz et, finalement, vous avez une approche du rock assez intellectuelle. Burger a toujours fait beaucoup de références théâtrales notamment, ce qui me fait bien sûr pensez à votre album Play Kurt Weil. En France, l’approche de Burger a souvent été très mal comprise, très critiquée et jugée intello. Finalement, on ne savait pas vraiment où caser Kat Onoma. Récemment, dans une interview, Burger a déclaré : « En Belgique, en Suisse, on ne demande pas aux artistes d’être dans un style. Personne n’a jamais fait chier les Young Gods ou dEUS ! »

Cette comparaison avec Kat Onoma vous parle-t-elle ? Avez-vous le sentiment, comme semble le suggérer Burger, qu’en Suisse on est plus ouverts d’esprits et qu’on s’affranchit plus facilement du poids des étiquettes ?

Franz : D’un côté, j’ai envie de dire qu’il y a aussi une tradition française de la critique. Il y a une espèce de police du rock qui existe dans le milieu. Tout n’est pas à jeter car il y a une certaine presse française qui existe depuis le début des années 60 et qui est plutôt bonne, alors qu’en Suisse on n’a jamais eu tout ça. Si tu veux, en Suisse, cette police du rock existe aussi mais elle est beaucoup plus locale et, finalement, on en rigole beaucoup plus. Dans les années 80, quand on a commencé, il y avait un peu un complexe des musiciens suisses qui s’imaginaient ne jamais pouvoir dépasser les frontières du pays. Il n’y avait aucune infrastructure non plus. On a commencé à parler des Young Gods à partir du moment où Melody Maker a fait un article sur nous. Tout d’un coup, la Suisse a eu un peu l’impression d’avoir loupé le train et cet article a suscité beaucoup d’intérêt de la part de nos compatriotes. Il y a eu aussi ce phénomène-là… tu vois Kat Onoma je ne sais pas combien de temps ça a existé… ?

BG : Le premier album date de 88 et le groupe s’est séparé en 2004. Une quinzaine d’années…

Franz : Ça joue aussi dans la balance, finalement la longévité fait un peu…

Cesare :… La notoriété.

Franz : Et que, tout d’un coup, il y a aussi un respect qui s’installe. Après, tu sais, que ce soit Kat Onoma ou les Young Gods, ont est des groupe de vieux ! Ce n’est pas tellement la hype du moment quoi…

Cesare : On est des Old Gods. (rires)

Franz : Mais effectivement je me souviens avoir vu Kat Onoma plusieurs fois à l’Uzine et tu sentais que Rodolphe avait un vrai amour de la musique. Effectivement, les références n’étaient pas toujours évidentes à saisir, mais il y avait quand même cette espèce de profondeur. Et Rodolphe continue, il n’a pas peur, il fait des tas de collaborations avec pleins de gens différents… je trouve ça excellent, c’est un maestro.

Franz et Rodolphe Burger sur scène
pour une reprise du morceau « Aucun Express » d’Alain Bashung.

Cesare : Tu sais, j’ai aussi le sentiment qu’en Suisse, nous n’avons pas de culture réellement enracinée dans la musique moderne ou disons la musique amplifiée. Quand tu viens de Londres, tu as un son UK et tu es déjà formaté à faire de la musique qui sonne UK. En France, vous avez déjà une culture de chanson française et même un peu de rock. L’Allemagne, je le disais tout à l’heure, c’est quand même le pays qui a produit le krautrock et tout un tas de bidouillages électroniques. En Suisse, je n’ai jamais eu l’impression qu’il y avait une mouvance particulière ; et c’est parti un peu dans tous les sens, tu peux trouver de tout. Du reggae… (rires)

Franz : … De la britpop. Bon… par contre les groupes ne sont pas très bons !

(rires)

Cesare : Au final, la Suisse est peut-être un pays qui manque de références. Alors tu fais ce que tu penses être sympa pour toi-même, sans aucune référence aux autres et c’est déjà bien (rires). Par contre, rien à voir avec la musique, mais à Genève on est quand même fortement influencé par la France. On vit dans un environnement de médias français. Je ne parle même pas de politique là. Par exemple, si tu veux acheter un journal sur la pêche ou la poterie, en France tu en trouves cinq ou six alors qu’en Suisse, nada. C’est aussi ce que disait Franz tout à l’heure par rapport à la presse musicale française qui existe depuis très longtemps.

BG : Oui finalement c’est peut-être le manque de référence qui crée un son et une approche unique. Quand on y pense, la Suisse regorge de groupes très visionnaires, rien que dans le metal par exemple. Je pense évidemment à Coroner et à Celtic Frost, qui sont deux groupes très influents et très à part dans le monde du metal. Il y a aussi Yello en musique électronique.

A ce moment-là, Bertrand Siffert, l’ingénieur du son des Young Gods, entre dans la pièce. Cesare me le présente comme le « quatrième mousquetaire ».

Franz : J’ai le sentiment que tous les artistes suisses qui ont réussi à avoir une aura internationale sont des gens qui, justement, ont su profiter de cette différence culturelle qu’on a à l’intérieur du pays. Tu parlais de Yello ! C’est un groupe qui avait aussi une espèce de tradition du collage. C’est un peu comme nous, même si nous étions sûrement plus radicaux dans nos choix de collage. C’est aussi avec ce groupe que j’ai compris qu’il fallait faire de la musique sans se poser 36 000 questions et que si tu faisais quelque chose de personnel, tu pouvais dépasser les frontières. Je pense qu’on a vraiment une tradition du collage en Suisse… regardes un artiste comme Jean Tinguely qui faisait ses installations avec des matériaux de récup’. On fait un peu la même chose parce qu’on a peut-être cette vision multiculturelle : on prend différentes choses, on les met dans un shaker et on fait un nouveau cocktail. Il y a ça aussi chez Pipilotti Rist. Il y a une identité suisse du collage, cela a peut-être quelque chose à voir avec le post-modernisme…

BG : Maintenant j’aimerai vous posez une question sur le Brésil. J’ai l’impression que les Young Gods ont un rapport très particulier avec ce pays. Franz, j’ai appris recemment que tu avais des origines brésiliennes, j’étais passée à côté de cette info pendant des années. Vous avez beaucoup collaboré avec divers artistes brésiliens, dont Nação Zumbi. Franz, en 2004 tu as participé à une mission éthnomusicologique en Amazonie et il y a eu aussi cette fameuse conférence / ciné-concert avec l’anthropologue Jeremy Narby et le cinéaste Peter Mettler. Ce lien est très intéressant car je trouve qu’il fait sens avec votre propre carrière: le Brésil est une terre qui, musicalement parlant, est très brassée, très riche. C’est un pays très représentatif aussi de cette fusion des genres dont on parlait tout à l’heure.

Quel rapport entretenez-vous avec ce pays et avec la musique brésilienne ?

Franz : C’est vrai que mon père est brésilien. Là où j’ai grandi, à Fribourg, il y avait un professeur de musique brésilien qui enseignait au conservatoire. Moi, à l’époque, j’étais déjà dans l’électrique. Mais quand ce professeur de guitare classique est arrivé, très vite il s’est installé une forme de solidarité brésilienne avec mon père qui m’a poussé à m’intéresser à la guitare classique. Mon introduction à la culture brésilienne s’est faite par la musique car à la maison mon père ne parlait jamais portugais, j’ai reçu une éducation très suisse romande. Mais effectivement, j’ai ça dans le sang et j’ai toujours eu cette espèce d’attirance pour la forêt amazonienne. Dès que j’ai eu l’occasion d’y aller, grâce à Jeremy Narby, je n’ai pas hésité une seconde, car j’ai ce truc en moi… il y a du sang amazonien assez éloigné dans ma famille et je suis souvent allé au Brésil.

On a rencontré les Nação Zumbi au festival de Dour, en 96. L’affiche était assez folle, il y avait Pitchshifter, Jesus Lizard, Young Gods et Ministry ! Parallèlement, Nação Zumbi était aussi programmé, mais sur une autre scène. On s’est donc rencontré dans les backstages et on a sympathisé avec ce groupe. Je ne connaissais pas du tout, je n’avais jamais vu leurs concerts ! Alors j’ai écouté leur deuxième album et, effectivement, il y avait tout dedans : le côté musique noire, le côté Maracatu, rock, hip hop, il y avait aussi un côté sampling et électronique. Ils avaient leur son et c’était aussi assez révolutionnaire pour le Brésil de l’époque qui était plus branché bossa nova. Les Naçao Zumbi viennent du Nord-Est de Recife, ils ont peut-être plus assimilé le rock que d’autres groupes. En 97 il y a même eu un projet de tournée commune au Brésil entre Nação Zumbi et les Young Gods mais, malheureusement, le chanteur est décédé dans un accident de voiture la même année. Après ça, le groupe a collapser pendant quelques années et le projet de tournée commune est tombé à l’eau.

Ensuite, j’ai eu une demande de Sepultura ! En fait j’avais produis le premier album de Treponem Pal et ils avaient adoré le travail du son donc il me voulait comme producteur. Mais moi à cette époque j’étais trop occupé avec les Young Gods et puis, entre-temps, le line up de Sepultua a changé. Il y a eu aussi un autre groupe brésilien qui a voulu collaborer avec nous… mais après ils ont splitté aussi les salauds ! (rires)

Il aura donc fallu vingt ans pour que l’aventure brésilienne se passe ! (Franz s’adresse à Bertrand) C’était en 2016 je crois… ?

Bertrand : Non on y est allé plus tôt… en acoustique. (Bertrand fait ici référence à la tournée Knock On Woods – The Acoustic Sessions )

Franz : Oui en acoustique on y est allé en 2008 et l’Amazonian Ambiant Project on l’a fait en 2004. Mais pour jouer la formule Young Gods amplifiée et en power trio ça a toujours été difficile car le Brésil c’est une organisation un peu compliquée. Tu te souviens (toujours à Bertrand), on devait faire deux concerts électriques et un en acoustique. Finalement, on s’est retrouvé à faire deux concerts acoustiques à cause des problèmes techniques car ce n’était pas possible de jouer en 93 dB. Les gens étaient frustrés… c’était assez drôle parce qu’ils confondaient le nom des chansons, ils criaient « LA FILLE DE L’AMOURIIIIIR ! » (subtile mélange entre les titres « La Fille de la Mort » et « L’Amourir »).

(rires)

BG : Ça devait être super touchant !

Franz : oui, très ! Mais bon… caramba, encore raté ! (rires) Donc on a réussi finalement a y aller avec les Nação Zumbi pour un projet en commun, mais la formule purement Young Gods, ça, on ne l’a encore jamais fait.

BG : ça va venir !

Franz : Mais c’est clair que la connexion est là. Surtout qu’on a quand même une bonne fan base au Brésil.

Franz sur scène avec les Nação Zumbi en concert au Brésil.

BG : Pour continuer un peu sur le thème de l’Amazonie, j’aimerai que tu me parles un peu de cette expédition ethnomusicologique que tu as réalisée en 2004 avec Jeremy Narby. C’était avec l’ONG suisse Nouvelle Planète si je ne me trompe pas ?

Franz : Oui. En fait Jeremy est mandaté par Nouvelle Planète pour divers projets dans le bassin amazonien. Il supervise plusieurs projets en lien avec la territorialisation et avec l’éducation (la création d’écoles pour que les indigènes puissent apprendre l’espagnol ou le portugais)… Comme tu peux t’en douter, ce sont des populations qui rencontrent de nombreux problèmes, de plus en plus d’ailleurs : il y a le narcotrafic, la déforestation, le forage pour l’or et toutes les pollutions au mercure que cela engendre. Jeremy développe donc tout un tas de projet là-bas et j’ai eu l’occasion de l’accompagner avec mon épouse. Au début, c’était surtout parce qu’il avait besoin d’assistanat. Sur place, on a remarqué que la musique arrivait à « amadouer » un peu les douleurs. Malheureusement, dans certaines régions, notamment au nord du Pérou, les gens avaient perdu tout leur folklore. Ils avaient perdu non seulement leur folklore populaire, mais aussi toute leur tradition de chants chamaniques à cause de cet autre fléau que sont les évangélistes hardcore américains. Ils viennent leur dire que leurs chamanes sont des diables, que leur culture c’est le mal… Les populations en étaient réduites à tuer, à rejeter leur propre culture, leur propre médecine. Ils se sont retrouvé comme des pauvres diables à ne plus savoir se soigner avec les plantes, à ne plus connaître leurs chants magiques et rituels. Donc l’idée, qui est d’ailleurs venue d’eux, était de recréer une synergie pour qu’ils réapprennent leurs propres chants. On a donc enregistré et filmé ces chants afin de faire un travail de documentariste pour les intégrer dans les archives mondiales des musiques populaires.

BG : Comment prépare-t-on ce type d’expédition, d’un point de vue financier surtout ? On sait qu’en Europe il y a une longue tradition ethnomusicologique, surtout en Europe de l’Est au début du XXème siècle avec Bela Bartok notamment, mais, à l’heure de l’ultra modernisme, est-ce qu’on trouve encore les financements nécessaires ? Est-ce que c’est encore une discipline plébiscitée ?

Franz : C’est du cas par cas…. tu sais, les ONG c’est aussi un peu une jungle ! C’est vrai que cette mission ethnographique sortait du cadre de ce que Jeremy avait l’habitude de faire. C’était peut-être un peu plus terre-à-terre. Sur place, il s’est rendu compte à quel point c’était important de préserver le savoir indigène car c’est bien de cela dont il s’agit. Tout disparaît là-bas, que ce soit la culture, la nature, la nourriture. Typiquement, à cause de la pollution des rivières, les poissons meurent et les gens ne peuvent plus se nourrir. Il faut donc mettre en place des systèmes de pisciculture d’eau douce et il faut réintroduire des poissons pour faire ce que l’on appelle du « fishfound ». C’est un exemple parmi tant d’autres et, au milieu de toutes ces problématiques, la musique peut jouer un grand rôle. Car, finalement, ce sont des populations qui ont perdu toute estime d’elles-même. Le fait de revaloriser leur culture par la musique leur à fait beaucoup de bien car, tout d’un coups ils se sont sentis de nouveau fiers d’eux même. Tu sais, tout est bon pour revaloriser la cause indigène.

Pour Jeremy c’était une première d’aborder cela par le biais de la musique. En fait, on a été amené à rencontrer Jeremy car c’est un ami d’adolescence d’Al Comet (ancien membre des Young Gods) ; il venait souvent nous voir en concert et on discutait beaucoup en loges, donc ça s’est fait petit à petit. À un moment, on a eu envie de développer ce projet pour parler de la cause indigène. Il a beaucoup de choses à dire sur le sujet, et il a beaucoup écrit aussi là-dessus.

BG : Oui, notamment sur le chamanisme

Franz : En fait au début sa réflexion était assez marxiste, dans le sens où il voulait mettre en lumière un certain bon sens des populations indigènes par rapport à nos sociétés. A l’époque, la Banque Mondiale avait dit qu’il fallait éradiquer les indigènes car ils ne savaient pas employer leur environnement rationnellement… (vague de stupeur qui traverse les gens présents dans la loge) tu vois un peu le culot ! Voilà des gens qui sont là depuis des milliers d’années à justement employer leur environnement de manière rationnelle et, tout d’un coup, il faudrait tout raser pour l’or et le pétrole ?! En tant que jeune anthropologue, la démarche de Jeremy était un peu de dénoncer ça et, petit à petit, il s’est penché sur le chamanisme. Cet intérêt est parti d’une interrogation sur leur médecine. Les tribus qu’il a rencontré lui disaient que c’était les plantes qui leur apprenaient, que c’étaient leur chamane qui buvaient des breuvages et qu’ils apprenaient à se guérir comme ça. Ils ont leur propre pharmacologie et ils arrivent à faire des concoctions chimiques sur des milliers de plantes existantes… c’est un savoir incroyable qu’il faut absolument préserver! En occident on est très hypocrite là-dessus car, finalement, toute notre pharmacologie vient de ce type de savoir. Le curar par exemple, qui sert à anesthésier lors des opérations, vient de là-bas. C’est grâce à des chamanes qui, au début du siècle passé, ont dévoilé le secret. Finalement, on se sert de ce savoir, on l’exploite donc il faut le respecter et l’encourager… je m’emballe, je m’emballe ! (rires)

BG : Non, non, ce sont des choses dont on ne parle jamais après tout. Je passe du coq à l’âne mais j’avais une interrogation par rapport à votre expérience avec Interscope sur Only Heaven. C’est votre seule et unique collaboration sur une grosse major et je me demandais comment Interscope avait reçu un album tel qu’ Only Heaven qui, de mon point de vue, amorce une approche plus ambiante dans la carrière du groupe.

Franz : Ils nous ont signé suite à TV Sky, sans doute qu’ils s’attendaient à un TV Sky N° 2. Pour nous, c’était effectivement un TV Sky n°2 dans le sens où Only Heaven était une suite logique. Alors, quand on leur a délivré les bandes, ils étaient un peu genre « c’est trop européen ». On leur a demandé ce que cela voulait vraiment dire. (rires) En fait ils s’attendaient tout simplement à quelque chose de plus rock. Pour eux, Only Heaven était peut-être un peu trop intellectuel. Pour nous, finalement, c’était un album qui nous permettait de marier nos influences psyché et metal. Bon, au final ils nous ont dit « pas de problème, on va le bosser comme ça , de toute façon on sait travailler ça ». Par contre, quand on est revenu avec Heaven Deconstruction (album de remixes ambiants des morceaux de Only Haven) c’était autre chose ! (rires) Là, le discours avait changé, c’était plus « ouais… alors là les gars nous on a quand même signé un contrat où il est stipulé qu’il fallait délivrer au minimum de 12 chansons dans un format rock… nous on ne s’est pas bosser ça. Mais si vous voulez, vous pouvez le sortir sur un label indépendant et quand vous avez quelque chose de plus rock, revenez vers nous ! ». Interscope a été royal, la collaboration avec s’est très bien passée.

Après, il y a eu cette vague de ce qu’on appelait les « joint venture » : les boîtes qui rachètent d’autres boîtes, etc. Interscope s’est fait racheter par Warner et ensuite Warner s’est fait racheter par Time Magazine et c’est devenu Time Warner. Time Warner est devenu AOL qui s’est fait racheter par Seagram. À chaque fois que la grosse boîte rachetait la grosse boîte, ils larguaient tout ce qui vendait moins de 200 000, 300 000, 4 000 000 albums. Donc nous tu te doutes bien qu’on a vite giclé ! (rires) Au final, notre aventure corporate n’aura duré que le temps d’un album, mais on a vraiment pu faire l’album qu’on voulait. Malgré tout, il est arrivé un moment où on s’est dit que le corporate n’était pas vraiment fait pour nous. En plus, à l’époque, nous étions en procès avec PIAS qui, à nos yeux, n’était plus un indépendant. Notre manager de l’époque avait pour projet de créer un label indé (Franz fait référence au label Intoxygene sur lequel est sorti Second Nature) et on a signé. Au final, ça n’a pas été une bonne idée parce que la structure s’est vite cassée la gueule… il y avait surement trop de casquette sur la même tête. Mais, même après ça, nous avons gardé le cap sur l’indépendant parce nous n’avons jamais voulu faire de compromis sur ce que l’on délivrait artistiquement.

BG : C’est tout à votre honneur. Franz, tout à l’heure tu évoquais le fait que les Young Gods n’était pas vraiment dans la hype du moment. Pourtant, ces derniers temps j’ai pu remarquer dans mon entourage que beaucoup de « metalleux », ou en tout cas d’adeptes d’un metal qui sort des carcans habituels, se sont mis à écouter les Young Gods, en vous découvrant un peu sur le tard. J’observe la même chose avec un groupe comme Magma, qui a été programmé au Hellfest et au Fall Of Summer par exemple. Les Young Gods aussi sont passés par le Hellfest et j’ai vu tout récemment que vous étiez programmé pour l’édition de 2019. Je crois savoir que lors de votre première venue au Hellfest le concert ne s’était pas très bien passé… ?

Franz : Ouais… la sono a pétée après 25 minutes de concert !

BG : Vous deviez avoir les boules…

Franz : Ouais. Mais en même temps, on est l’un des seules groupes a avoir fait péter la sono du Hellfest, s’il vous plais quoi !

(rires)

BG : Bravo !

Franz : Le générateur de toute la tante pendant 45 minutes… tout était foutu ! Donc quand même, c’est un exploit ! (rires). Là, effectivement, c’est la troisième fois qu’on y va.

Tant mieux que Magma ou les Young Gods intéressent les amateurs de metal. Bernard, est un énorme fan de Magma, c’est un peu lui qui nous a initié à ce groupe. Je trouve ça évidemment positif que des gens se mettent à écouter une musique à laquelle ils ne sont pas forcément habitué. Il faut dire aussi que le milieu metal, en tout cas les gens qui écoutent du metal expérimental, sont très souvent plutôt ouverts d’esprit musicalement parlant.

Avec les Young Gods on a aussi quelques morceaux qui sonnent metal… tu prends un morceau comme Longue Route par exemple, c’est très metal.

BG : C’est sur ce morceau que vous avez samplé du Voivod ?

Franz : C’est du Voivod ouais.

« Longue Route », présent sur l’album L’Eau Rouge (1988), sur lequel est samplé le morceau « Technocratic Manipulators » de Voivod.

(à ce moment là Bernard Trontin, batteur du groupe depuis 1996, entre dans la loge)

Franz : Eh bah voilà, quand on parle du loup ! On parlait de Magma qui a aussi été invité à jouer au Hellfest.

Bernard : Ah, Magma est aussi programmé au Hellfest ?

BG : Pas cette année, c’était il y a deux ans, mais je ne sais pas s’ils ont réussi à trouver leur public, parce que le Hellfest, bon…

Franz : … Ouais il y a de tout hein !

BG : L’affiche est toujours très intéressante mais le prix des pass est élevé et, depuis quelques années, ils sont mis en vente avant que la programmation ne soit entièrement dévoilée. Du coup on se retrouve parfois avec un public qui n’est pas vraiment à la hauteur de l’affiche et l’ambiance peut parfois être très… beauf.

Franz : Oui c’est devenu Disneyland, on est d’accord. C’est comme ça ma foi. Mais il y a quelques années on a fait un festival qui était vraiment sympa… le Motocultor.

BG : Oui, c’est un peu le petit Hellfest.

Franz : Ouais c’est ça, en un peu moins Disneyland donc. Malgré tout on est quand même curieux de voir comment cela a évolué car la dernière fois qu’on y a joué c’était il y a bien huit ans. Après, nous ne sommes pas programmé sur les grosses scènes mais sous les tantes où il y a souvent de chouettes trucs ! La fois où ça a pété il y avait notamment le groupe de Broadrick…

BG : Godflesh.

Franz : Oui Godflesh, il y avait aussi un super groupe expérimental japonais, Sigh. Donc ouais, c’est vraiment bien d’avoir ces scènes alternatives et expérimentales à côté de Iron Maiden, Kiss, Alice Cooper…

BG : Dernière question, mais ce n’est pas forcément la plus évidente. A titre individuel, si vous deviez faire un projet commun avec l’artiste de votre choix, qui choisiriez-vous ?

Franz : Ouh attend faut que je réfléchisse là…

Cesare : Moi je serai bien incapable de répondre… je crois que les collaborations viennent aussi par les rencontres d’une certaine manière. Elles ne sont pas prédéterminées à l’avance. Tu vois, les Nação Zumbi c’est une rencontre qui a abouti à des concerts au Brésil. Donc oui, il n’y a aucune prédétermination à la base alors c’est difficile de répondre. Moi, par exemple, je suis principalement influencé par les électroniciens allemands, j’évoquais tout à l’heure Kraftwerk, mais je n’ai pas non plus une envie folle de faire quelque chose avec Kraftwerk ! Après, si des opportunités de relation se présentent, tout reste possible. La prochaine collaboration d’ailleurs va être assez drôle puisque ça sera avec La Landwehr de Fribourg, une harmonie de quatre-vingts musiciens… c’est une inconnue totale !

Franz : Oui c’est le gros truc qui arrive le mois prochain. Mais tu vois, ce qui est intéressant avec le dernier album c’est qu’on a collaboré avec trois personnes différentes, dans le sens où il y a trois personnes avec qui ont a cosigné les morceaux. C’est le cas pour le morceau « Figure sans nom » qu’ont a fait avec Andreas Tilliander. J’aimerais bien collaborer avec lui d’une manière plus directe car j’aime vraiment beaucoup ce que fait ce gars

« Figure Sans Nom », extrait du dernier album Data Mirage Tangram sorti le 22 février dernier chez Two Gentlemen.

Bernard : Moi il y a quelques années j’ai essayé un truc qui a raté. Le festival suisse Antigel m’avait contacté en me demandant justement la collaboration de mon choix. À cette occasion, j’ai ressorti mes vieux disques d’électro allemands des années 70. Je savais qu’il y avait deux ou trois albums de Klaus Schulze où il jouait avec un batteur. Bien qu’il ne fasse plus ça depuis des années, je me suis dis que j’allais quand même lui proposer. Alors je lui ai demandé : « est-ce que tu veux venir jouer avec moi ? Je t’accompagne à la batterie, je connais assez bien ta musique et puis on fait un truc actuel, on invente un truc ensemble ! ». Malheureusement il m’a répondu qu’il ne tournait plus à cause de problèmes de santé, donc ça n’a pas marché.

Franz : Dommage !

Bernard : Ça aurait été une occasion incroyable

BG : Oui, ça aurait pu être sacrément classe. Bernard, tu as aussi ton projet avec Simon Huw Jones de And Also The Threes, November. Comment ce projet à pu voir le jour?

Bernard : Je fais de la musique ambiante assez naturellement et je voyais des disque ambiants et instrumentaux pleins les bacs. Je me suis dis « tiens, et si je faisais de la chanson ambiante ». Pour la voix, je voulais quelqu’un que j’avais connu sur chanson. J’ai notamment pensé à Franz et à d’autres gens que j’ai connu grâce aux Young Gods. Un jour, j’ai dis au disquaire chez qui je me rends régulièrement (le Sounds, à Genève) que j’avais bien envie de collaborer avec Simon Huw Jones, mais qu’il ne fallait rêver! Et là, il me répond : « tu rigoles ?! Il habite à Genève et je le connais bien. Tiens, voilà son numéro, appelle le ! ». Évidemment, j’ai mis deux semaines à oser l’appeler. Je lui ai envoyé trois démos en lui disant « si y en a une qui t’intéresse, chante dessus ». Au final, il a chanté sur les trois car les trois lui ont plu. Quand j’ai écouté le résultat, j’ai trouvé que ça collait parfaitement avec ce que j’avais fait. Pourtant, nous n’avons pas du tout le même background musical mais ça se mariait vraiment bien ! Alors je lui ai proposé d’en faire un vrai projet commun. Ça a commencé comme ça, comme Cesare le dit, c’est le hasard des rencontres.

Franz : Bon moi j’ai eu un peu le temps de réfléchir, et je chanterai bien un morceau avec Massive Attack !

Bernard : Ah ouais !

Cesare : C’est marrant parce qu’il y a quelques jours, quelqu’un a écrit sur facebook qu’il aimerait justement voir Massive Attack et les Young Gods jouer ensemble.

BG : Eh bien, on attend ça avec impatience du coup !

« Midnight Rain » extrait du second album de November sorti le 22 mars dernier chez Gentlemen Recordings

Propos recueillis par Anna le mercredi 10 avril au Ninkasi Gerland.
Un grand merci aux Young Gods, à monsieur Jean-Philippe Béraud ainsi qu’à ma camarade Panzerina qui m’a grandement aidé à préparer cette interview.

Anna

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